Le Canada traîne de la patte en ce qui concerne l’accès à la fécondation in vitro
Le coût élevé signifie que bon nombre de Canadiennes ne peuvent se prévaloir de cette intervention pour procréer
Ottawa – Le 15 mai 2008 – Le Canada est loin derrière les autres pays développés en ce qui concerne la prestation de soins cliniquement appropriés aux femmes qui ont de la difficulté à procréer, selon un article publié dans le numéro de mai du Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada (JOGC).
Dans son article intitulé Distributive Justice and Infertility Treatment in Canada, le Dr Jeff Nisker expose les considérations éthiques, économiques et cliniques de l’accès restreint à la fécondation in vitro (FIV) financée publiquement au Canada. L’article compare la politique gouvernementale et l’accessibilité aux traitements de FIV au Canada à ceux des pays européens et de l’Australie, et détermine les obstacles auxquels font face les Canadiennes. L’article explique également que, compte tenu de l’accès limité à la FIV et du transfert d’un seul embryon au Canada, et le fait que les femmes peuvent parfois couvrir les coûts liés aux inducteurs de l’ovulation, le Canada arrive bon premier en ce qui concerne les naissances multiples, qu’elles soient triples, quadruples ou plus.
« Seulement 15 % des Canadiennes qui nécessitent une fécondation in vitro dans le but de procréer sont en mesure de s’en permettre les coûts, » explique le Dr Nisker. « Le Canada est un des seuls pays développés où les coûts reliés à la FIV ne sont pas financés par l’État. » Même un bon nombre d’organisation de soins de santé intégrés aux États-Unis financent le coût de la FIV.
Chez les femmes qui n’ont pas accès au financement public, le coût élevé du traitement lié à la FIV peut présenter un obstacle considérable.
« Lorsque des femmes sont exclues d’un aspect aussi fondamental que la procréation en raison de leur incapacité à en défrayer les coûts, il pourrait être temps de réexaminer les priorités de notre système de santé », avance le Dr Nisker.
L’adoption, la solution de rechange souvent citée, peut également comporter son lot de difficultés. Les coûts d’adoption d’un enfant peuvent être prohibitifs dans une grande mesure et les longues listes d’attente et les critères de sélection peuvent empêcher les femmes désavantagées sur le plan socio-économique d’adopter un enfant par l’intermédiaire d’Adoption internationale ou de la Société de l’aide à l’enfance.
Dans son article, le Dr Nisker examine les considérations économiques d’un financement supplémentaire visant les soins de fertilité cliniquement appropriés. Il croit que le financement public de la FIV et du transfert d’un simple embryon ferait épargner de l’argent aux provinces en compensant les coûts liés aux soins de jumeaux, de triplets et d’autres naissances multiples qui résultent de l’utilisation d’inducteurs de l’ovulation. Puisque ces enfants sont nés très prématurément, les soins néonatals intensifs et le soutien à long terme des troubles physiques et cognitifs entraînent couramment des frais extrêmement élevés. Le Dr Nisker avance que le financement public visant la FIV permettrait d’éviter ces coûts.
L’article du Dr Nisker intitulé, Distributive Justice and Infertility Treatment in Canada, figure dans le numéro de mai 2008 du Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada (JOGC).
À propos du Dr Jeff Nisker, MD PhD FRCSC
Le Dr Jeff Nisker est professeur d’obstétrique-gynécologie et d’oncologie à l’école de médecine et médecine dentaire Schulich de l’Université de Western Ontario, où il agit à titre de coordonnateur de l’éthique en santé et des sciences humaines.
À propos du JOGC
Le Journal d'obstétrique et gynécologie du Canada (JOGC) est l'organe canadien, revu par les pairs, de l'obstétrique, de la gynécologie et de la santé des femmes. Chaque numéro mensuel comporte des articles de recherche originaux, des analyses, des exposés de cas, des commentaires et des éditoriaux touchant tous les aspects de la santé génésique. Le JOGC est la source d'origine de directives cliniques factuelles, d'opinions de comité et de déclarations de principe élaborées par des comités permanents ou ad hoc de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. Le JOGC fait partie de la base de données MEDLINE de la National Library of Medicine, et les résumés qui y figurent sont accessibles par l'entremise de PubMed.
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(613) 730-4192, poste 366 Téléc. : (613) 730-4314 Courriel :nwright@sogc.com
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