Les femmes nécessitant des soins obstétricaux d’urgence sont de plus en plus à risque
Toronto – le 4 décembre 2008 – L’évolution du tableau de la médecine obstétricale au Canada pourrait mettre en péril les femmes nécessitant des soins obstétricaux d’urgence et leur bébé. La génération courante d’obstétriciens partant à la retraite, les résidents et les nouveaux diplômés ont signalé qu’ils ne sont pas prêts à sacrifier leur vie familiale et à travailler de longues heures comme c’est le cas présentement dans le domaine de l’obstétrique.
C’est la conclusion essentielle à laquelle en est arrivée un sondage mené par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC). L’étude, financée par Santé Canada, a interrogé les obstétriciens-gynécologues, les résidents en obstétrique-gynécologie et les directeurs des départements d’obstétrique-gynécologie des 17 écoles de médecine du Canada.
Préoccupations en matière de santé et de sécurité
« La prestation des services obstétricaux est à un point de rupture au Canada. Bien des gens ne se rendent pas compte que la plupart du temps, seul un obstétricien-gynécologue peut prendre en charge les urgences et les accouchements par voie chirurgicale qui ont de plus en plus lieu, » explique le Dr Scott Farrell, président de la SOGC, professeur à l’Université Dalhousie et directeur de la division d’urogynécologie et de chirurgie pelvienne du département d’obstétrique-gynécologie. « Les accouchements d’urgence ne sont pas prévisibles et sont plus courants maintenant parce que les femmes retardent leur première grossesse, font souvent de l’embonpoint avancé et éprouvent d’autres problèmes de santé importants. »
Nombre réduit d’obstétriciens-gynécologues pour une plus grande charge de travail
La SOGC a révélé que seulement 1 370 obstétriciens offrent des soins prénatals, anténatals (grossesse et accouchement) et postnatals et que ce nombre est censé diminuer d’autant qu’un tiers au cours des cinq prochaines années. « Ces obstétriciens-gynécologues sont confrontés à un nombre de cas écrasant, soit 200 à 300 accouchements par année et plus, et sont de garde des centaines d’heures tous les mois. Ils s’inquiètent énormément de la santé et de la sécurité des mères et des bébés sous leurs soins. Après une journée de travail en cabinet, puis de garde pendant 24 heures, même les médecins les plus dévoués sont épuisés, » explique le Dr Farrell.
Pour s’ajouter à la crise en ressources humaines, le sondage effectué auprès des résidents en obstétrique-gynécologie indique que la nouvelle génération d’obstétriciens ne prévoit pas pratiquer de la même façon. Les répondants ont indiqué qu’ils cherchent à équilibrer davantage leurs heures de travail par rapport à leur vie personnelle et prévoient :
travailler moins d’heures par semaine que leurs prédécesseurs;
limiter considérablement leurs fonctions de garde à une fraction des heures de celles assumées par les obstétriciens-gynécologues qui pratiquent de nos jours;
se partager un poste avec d’autres médecins, rendant ainsi le ratio de remplacement d’un retraité pour un nouveau médecin irréaliste; et
se prévaloir de deux ou trois congés de maternité ou de paternité afin de vaquer à leurs obligations parentales.
Capacité pédagogique
L’étude de la SOGC s’est également attardée sur la formation des médecins. Le simple fait d’accepter plus d’étudiants en médecine ne permettra pas en soi d’aborder l’enjeu, » souligne Dr Guylaine Lefebvre, présidente sortante de la SOGC. « Les gouvernements provinciaux et fédéral doivent travailler de concert pour accroître la capacité du système d’enseignement médical afin de résoudre cette crise imminente en ressources humaines, » ajoute Dr Lefebvre. Le sondage a déterminé un manque de salles d’enseignement, de simulateurs, de soutien administratif et d’options d’apprentissage en ligne, ainsi qu’une pénurie de professeurs, en tant que facteurs devant être examinés afin d’accroître le nombre d’obstétriciens-gynécologues se joignant à la profession.
Respect des attentes des mères
L’étude de la SOGC a également interrogé les Canadiennes qui ont récemment eu un enfant, ou qui prévoient en avoir. Les priorités des Canadiennes sont claires : elles veulent des soins sans interruption de la part du fournisseur de soins obstétricaux de leur choix pendant toute leur grossesse; elles veulent jouer un rôle intégral dans la prise de décisions relatives aux soins prénatals et à l’accouchement et elles veulent accoucher aussi près de leur domicile que possible.
« Cette recherche révèle qu’il existe un fossé important entre les attentes des femmes et ce qui est en réalité possible, » mentionne le Dr André Lalonde, vice-président administratif de la SOGC. « Les Canadiennes supposent que leur hôpital local peut les prendre en charge à leur accouchement. Il est de plus en plus difficile de le faire; les femmes des petites villes, des villages et des régions rurales n’ont pas le choix de se déplacer à l’extérieur de leur région pour accoucher en toute sécurité. »
Soins concertés et obstétricaux d’urgence
Alors que la SOGC soutient sans réserve une vision de soins obstétricaux qui s’appuient sur les compétences d’autres professionnels de la santé, surtout celles des sages-femmes, le Dr Farrell note que les modèles de soins concertés, en soi, ne peuvent remédier à la crise imminente dans le domaine des soins obstétricaux. Il souligne que malgré le fait que les infirmières, les sages-femmes et autres fournisseurs de soins obstétricaux sont inestimables pour prodiguer des soins aux femmes pendant une grossesse et un accouchement normaux, seuls les obstétriciens-gynécologues ont les compétences pour intervenir dans une situation obstétricale d’urgence. Par exemple, si des complications comme une prééclampsie surviennent pendant le travail qualifié de normal en présence d’une sage-femme ou d’une infirmière praticienne, on doit avoir recours aux services d’un obstétricien-gynécologue. Si une grossesse normale se complique et qu’un accouchement opératoire est nécessaire, comme une césarienne, un obstétricien-gynécologue est le professionnel qui doit pratiquer cette chirurgie d’importance vitale.
L’Initiative pancanadienne reliée à la naissance
La SOGC a entrepris le sondage sur les ressources humaines en santé dans le domaine de l’obstétrique d’urgence dans le cadre de son Initiative pancanadienne reliée à la naissance, une stratégie d’envergure visant à aborder les pénuries courantes en obstétrique qui auront des répercussions directes et considérables sur les Canadiennes donnant naissance dans l’avenir.
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À propos de la SOGC
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada est l’une des plus anciennes organisations nationales de spécialité au Canada. Fondée en 1944, la Société a pour mandat de promouvoir l’excellence dans la pratique de l’obstétrique-gynécologie et la santé des femmes par le leadership, la défense des droits, la collaboration, la prise de contact et l’éducation. La SOGC représente des obstétriciens-gynécologues, des omnipraticiens, des infirmières, des sages-femmes et des professionnels paramédicaux œuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et génésique. Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter le site Web www.sogc.org.
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